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Maman Cocotte Minute

Récit d'un accouchement médicalisé et message au corps médical

20 Octobre 2017 , Rédigé par Maman Cocotte Publié dans #Maman Cocotte

"Mother Earth" - aquarelle par Serely

"Mother Earth" - aquarelle par Serely

Voilà, il y a un peu plus d'un an, j'ai mis au monde la septième merveille du monde, le cœur de mon cœur, mon amour, mon bébé. J'ai eu de la chance, parce que j'ai bien vécu mon accouchement. La délivrance de mon enfant s'est faite dans la joie et l'émotion, mon fils sortant tout seul, je n'avais pas besoin de pousser, il se propulsait de lui-même avec la puissance d'un petit dauphin et n'a pas poussé un cri. C'est comme si il avait toujours voulu sortir pour me rencontrer, qu'il partageait ma hâte et mon espérance. J'ai eu la chance d'avoir été soutenue et épaulée par une sage-femme géniale et un puéricultrice adorable le jour-J, mais aussi d'avoir eu à mes côtés des sages-femmes vraiment super qui m'ont accompagnées au début de mon accouchement .

Parce que j'ai été déclenchée. Ca m'allait bien, quelque part, j'avais peur d'un accouchement surprise. Là j'étais en sécurité, à l’hôpital, avec l'équipe à mes côtés qui faisait de son mieux malgré les accouchements en "rush" du lundi. La sage-femme de nuit avait fait taire ma phobie des infections avec une jolie perf d'antibiotiques, celle de jour m'encourageait et une gentille puéricultrice m'avait rassurée une nuit où j'errais poussée par l'angoisse. Malgré l'épuisement, les fortes contractions et la chaleur écrasante, elles étaient parvenues à me convaincre que je faisais ce qu'il fallait, que j'assurais, que j'étais courageuse. Je sentais mon Nounours, encore minuscule, donner tout ce qu'il avait, comme s'il voulait sauter dans mes bras et cet effort de presque quatre jours a vraiment participé à l'attachement viscéral que j'ai ressenti pour lui dès que je l'ai vu.

Grâce à la péridurale, je n'avais pas peur de la douleur, j'ai laissé mon corps et mon fils travailler, en confiance, absolument certaine que l'un et l'autre savaient ce qu'ils avaient à faire. J'ai dormi, je me suis reposée, sereine. J'ai fini par appeler la sage-femme parce que je ressentais le besoin de pousser. Elle m'examine et me pose alors cette question :

"Vous voulez toucher la tête de votre bébé?"

Oh que oui! D'ailleurs, il bougeait, en plein effort.

Je mesure la chance que j'ai d'autant plus que je suis récemment tombée sur le blog de Marie-Hélène Lahaye, "Marie Accouche-là".

Au bout du bout, que j'étais, en lisant ce que certaines femmes traversent. Estomaquée par l'attitude de certains soignants. Bouleversée par les témoignages qui se sont multipliés depuis.

Ce n'est pas faut de manquer de compréhension vis-à-vis du corps médical, hein, une grande proportion de mes amis sont infirmiers. Mais lorsque ce moment crucial dans le rapport mère-enfant se vit de façon traumatique, je ne veux pas dire, mais y'a un problème, un vrai problème.

Déjà, l'objectification du corps de la parturiente. N'importe qui semble pouvoir entrer dans la chambre pour examiner la femme, lui mettre deux doigts au fond du col, lui faire une intervention sans prendre le temps de l'informer... Est-ce normal? 

Ensuite, le manque de personnel. C'est effectivement plus simple de gérer une femme sous péridurale lorsque le temps manque. Plus difficile d'accueillir les nouvelles accouchantes et de les rassurer dans de bonnes conditions lorsque tout le service est surchargé. Impossible d'être à l'écoute lorsque le temps est compté, et qu'on est épuisé-e après 12 heures de service à courir de partout.

Et enfin, la vision infantilisante du corps médical de la femme en général, et de la femme enceinte en particulier. "Pourquoi expliquer? Elle ne comprendrait pas". "Mais non madame, il n'a pas faim"... Je m'étais faite gronder comme une enfant prise en faute parce que je n'avais pas senti que mon nouveau-né avait fait caca. Moins de 24h après mon accouchement alors que je baignais littéralement dans le méconium, vu qu'il m'avait fait caca dans l'utérus en sortant (GLAMOUR ^^). C'est le résultat d'un manque d'empathie, d'une urgence dans les démarches, et d'une vision biaisée de la femme...

C'est comme ça que j'analyse la situation, que je la comprends. Dans d'autres contextes, j'ai eu l'expérience de situations infantilisantes, ou j'ai entendu des témoignages :

- Celle qui se voit sa douleur négligée pour finir hospitalisée en urgence. Au final : un utérus et un ovaire en moins. Heureusement que ce n'était qu'une "bonne femme" qui ne se plaignait "que" d'avoir mal hein.

- Celle qui se voit sa douleur minimisée pendant des mois avant que son médecin ne concède à un examen. Résultat : cancer des ovaires. J'applaudis.

- Cette jeune mère inquiète qui se voit déboutée par les pédiatres. Résultat : son nouveau-né est mort d'une crise cardiaque dans ses bras.

- Celle qui arrive avec des douleurs de règles insoutenables et qui repart chez elle avec le diagnostic de "douillette". Sympa. Résultat : endométriose...

Ce ne sont que des témoignages, des bouts de vie, qui n'ont pas valeur de preuves et qui n'ont pas vocation à être généralisés pour accuser le corps médical de mauvais traitements dans sa globalité. Par contre, j'aurais un message pour vous :

ECOUTEZ VOS PATIENTS. Prenez les au sérieux. Ne négligez pas les messages de douleurs ni les inquiétudes. S'il vous plait. 

Voilà.

Amour universel sur vous tous.

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